Jean Claude Wolff

Compositeur

 

© G. Bompais


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Nuit

Le beau poème de Max Jacob rejoint la fonction magique, sacrée, qui est inséparable de la musique ; la ligne mélodique mêle une certaine exaltation et l'ultrathématisme issu de la petite forme schönbergienne.

Quelques mots clés du texte : rien, néant, pitié, mort, croix, sont mis en exergue par le soprano, autour duquel le quatuor pose un tissu sonore subtil, ou prolonge, par le truchement de l'alto et du violoncelle principalement, les inflexions mélodiques vocales. Inflexions à peine soutenues, pulsions devrais-je dire plutôt, mouvements de deux ou trois notes interrompus par des silences.

Après une brève exaltation, tout semble se dénouer dans la dernière phrase, sur les deux plus beaux vers du poème : " Je suis un végétal ébranlé par l'enfer/ Dont les ailes jadis s'étendaient vers la mer ", où la voix, comme délivrée, énonce une mélodie ascendante qui semble s'élancer vers le lointain, vers l'infini ; cependant, cet élan est contrarié par le constant glissando des cordes, et l'ouvre s'achève dans un extrême-grave très sombre.